Mardi 18 juin 2013 2 18 /06 /Juin /2013 08:44

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Dès les premières minutes, il faut oublier le film de Robin Campillo. On retrouve certes le mystère, une certaine pesanteur dans l'atmosphère, l'austérité des dialogues et évidemment la thématique - des morts reviennent littéralement chez eux sans crier gare - mais la série se distingue nettement de l'oeuvre de 2006 par son esthétique léchée très convaincante, quoique par moments un peu tape-à-l'oeil. Dans l'ensemble, le ton est bien plus familial, grand public et, comme il est de rigueur pour une série fantastique, les épisodes suivants lorgnent régulièrement du côté de Twin Peaks, que ce soit au niveau des paysages, des flash-backs ou de l'enquête policière qui se développera dans les épisodes suvants. 

Tandis que le film se concentrait principalement sur une histoire de couple, l'événement fondateur de la série est un accident de bus scolaire auquel on assiste dès le pré-générique au travers des yeux d'une pré-ado, Camille, qui s'en sort apparemment indemne et, en état de choc, fait un long chemin pour rentrer chez elle. On comprendra par la suite qu'elle et la trentaine d'enfants à bord ont péri dans l'accident et qu'il s'est écoulé plusieurs années entre le retour des défunts et ce tragique événement. 

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A partir de là, le pilote esquisse plusieurs fils narratifs parallèles avec un certain brio qui laisse promettre de beaux moments... à l'exception d'un élément non négligeable - mais malheureusement fréquent dans les productions françaises : une grosse platitude et un certain manque de naturel dans une bonne partie des dialogues, plus particulièrement dans la 1ère moitié de l'épisode. Certes, le sujet n'est pas drôle, les personnages se doivent de tirer la tronche, mais un certain nombre des répliques sonnent creux et limitent la crédibilité de certaines scènes (celle du groupe de parole et du retour de Camille en particulier). Cette particularité tend à s'amenuiser au fil des scènes mais reviendra de temps à autres les épisodes suivants. Au final, l'atmosphère, la réalisation et le jeu global des acteurs l'emportent sur ces réserves qui rendent certains passages artificiels.

Là où la série promet d'être la plus intéressante, c'est grâce au gouffre temporel qui sépare les revenants des survivants, prétexte narratif permettant de développer les personnages et de jouer sur une lecture à plusieurs niveaux. Lorsque Camille se retrouve pour la première fois face à sa soeur jumelle, Lena (16-17 ans), c'est une métaphore sur le passage du temps et de la puberté à l'adolescence qui se créé, la "jeune" renvoyant celle qui est à présent devenue son aînée à celle qu'elle était, comme un miroir tendu.

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Le pilote esquisse la réaction en chaîne que promet ce retour inattendu des défunts, tout en gardant le mystère sur ce qu'il est advenu des vivants durant ce laps de temps. Lors des épisodes suivants (j'en suis au 3e épisode), on en apprend plus sur défunts et survivants au travers de flash-backs. La qualité de l'ensemble est maintenue, malgré des scènes de police particulièrement mauvaises et peu crédibles. Cette histoire autour d'un mystérieux serial-killer qui a sévi 7 ans auparavant et revient semblant appelée à servir de fil rouge, il ne reste plus qu'à espérer que le reste de cette intrigue sera développée de manière plus convaincante et engagée, moins artificielle. 

Par Cécile Desbrun - Publié dans : Séries TV - Communauté : Serie TV Alliance
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Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 22:44

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Début juin avait lieu le Festival Onze Bouge à Paris, qui proposait de nombreux spectacles gratuits. Parmi eux, La Tempête par l'Association K, adaptation (très) libre de la pièce de Shakespeare... 

L'action est transposée dans le milieu des affaires, dans le contexte fort actuel de la crise économique, où les traders font la loi et met en scène 5 personnages, 4 hommes et 1 femme, faisant partie intégrante de ce monde de requins. Drôle, acérée et poétique, la pièce est courte (40 mn) et arrive à faire passer l'essentiel de son discours avec très peu de paroles. Hormis quelques monologues déclamés par un seul acteur, tout n'est que mime, danse, musique, le tout chorégraphié et mis en scène avec une finesse et une précision rares.

Le ton est donné dès la scène d'ouverture, où les protagnonistes s'affrontent au cours d'un débat politique mêlant prises de bec houleuses et langues de bois, le tout figuré par... des aboiements et halètements de chien ! La frénésie et, paradoxalement, la routine et l'ennui rythmant ce petit monde ponctué par les cours de la bourse passe par des transitions où chaque personnage se retranche derrière sa porte. Les horloges portées par chacun en ouverture et fermeture de la pièce affichent des heures différentes, les enfermant dans leur bulle, les condamnant à être en décalage constant les uns vis-à-vis des autres dans cette course contre la montre om chacun cherche en vain une échappée poétique... qui passe par ces scènes de transition de la fameuse tempête et l'unique présence féminine, personnage qui impose sa force et sa fragilité et autour de laquelle gravitent tous les autres. 

C'est cette figure qui rythme et structure véritablement la pièce : c'est elle qui anime le débat en ouverture, puis s'ensuit une scène de séduction avec un jeune cadre, le mariage, etc. Sentimentalisme et cynisme alternent et donnent à la pièce tout son mordant : le mariage prend des allures électorales, les invités se retrouvant à jeter des billets sur le corps de la mariée, à terre. 

La musique, très présente, rythme également le tout et créé un décalage ou des moments de flottements comme cette scène de séduction, toute en apesanteur, où le couple tombe amoureux au cours d'une impressionnante et acrobatique scène de danse sur un trampoline caché derrière la scène au son de "Can't Take My Eyes Off Of You". 

Mais au final, c'est l'argent qui domine et régit ce petit monde : la pièce s'ouvre au son de "Money" de Pink Floyd, avec le son inexorable de l'argent qui remplit les caisses et se termine par "Money, Money" d'Abba, qui est l'occasion des déhanchements des acteurs saluant le public et distribuant des billets à la foule dans la bonne humeur. De ces 40 minutes, on ressort avec le sentiment d'avoir passé un moment hors du temps, où le rire et l'émotion le disputent constamment aux grincements de dents.   

 

Par Cécile Desbrun - Publié dans : Art & culture
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Dimanche 16 juin 2013 7 16 /06 /Juin /2013 09:55

Cela faisait un bon moment que je ne vous avais pas parlé séries TV dans ces colonnes. Je prends donc le temps de remédier à la situation et, avant des critiques plus complètes d'autres programmes qui donneront lieu à des analyses détaillées, voici un petit bilan des quelques séries que j'ai visionnées.

 

Ringer saison 1  (2e moitié)

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 Ringer devait marquer LE grand retour de Sarah Michelle Gellar sur le petit écran et la CW avait misé gros pour que la série devienne l'un de ses programmes-phares. Malheureusement, il n'en fut rien, et de mauvaises audiences, ajouté à une programmation sporadique, la grossesse impromptue de son actrice principale et des faiblesses avérées eurent finalement raison de la série, qui a été annulée à l'issue de sa 1ère saison.

Je vous avais parlé l'an dernier des 5 premiers épisodes et je tenais à vous faire un petit compte-rendu du reste de la saison. Après des débuts assez patauds, souvent cousus de fil blanc, la série prend peu à peu son essor passé le 1er tiers. Si on sent un certain relâchement au niveau de la réalisation au-delà du pilote qui se voulait très travaillé et référentiel (pour une série CW s'entend, dont les produits restent de facture très classique et consensuelle visuellement) et que l'utilisation de la musique est suvent très irritante et artificielle, l'intrigue décolle peu à peu. Parmi les faiblesses avérées, certains personnages restent tête à claque ou faiblards (le personnage d'Henry en 1er lieu, bien que les scénaristes aient cherché à le "complexifier" par la suite) et la qualité des épisodes reste très irrégulière lors de la 1ère moitié de la saison, des cliffhangers palpitants alternant souvent avec une baisse de régime ou des sous-intrigues qui diluent la tension.

Cependant, le côté suspense est mieux géré : la série devient un plaisir coupable à consommer sans se prendre la tête et le développement de plus en plus retors des différents fils narratifs rendent le visionnement juteux. Le derniers tiers de la série, avec ses rebondissements invraisemblables et incalculables qui s'enchevêtrent les uns dans les autres, mêlant soap et suspense de manière tout à fait décomplexée, est en ce sens assez palpitant. On s'achemine de plus en plus vers une confrontation Bridget/Siobhan qui avait tout pour être riche en tension dramatique... et qui n'aura jamais lieu, le finale s'achevant sur un cliffhanger dont on n'aura jamais le fin mot de l'histoire. Ce qui est bien dommage car, si la série reste très légère et que son annulation n'est pas une grande perte, il y avait-là un bon potentiel pour boucler la boucle de manière satisfaisante et cohérente avec quelques épisodes supplémentaires... On ne peut s'empêcher de penser, au final, que Ringer s'achève là où elle commençait à devenir vraiment palpitante. 

 

Misfits saison 2

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Après une première saison drôle, émouvante et très réussie qui avait fait souffler un vent de fraîcheur dans l'univers des séries TV, j'attendais la saison 2 avec impatience. Au final, cette 2e saison s'avère étonnante, très aboutie visuellement et narrativement, avec une mention spéciale pour les 2 premiers épisodes. L'intrigue réserve son lot de grosses surprises (l'histoire Alisha/Simon en 1er lieu) et le suspense autour de l'identité du rôdeur masqué est particulièrement bien menée. Bémol : il est dommage que cette partie de l'intrigue, qui était bien partie pourfaire un beau fil rouge, s'achève au bout de 3 épisodes seulement. Conséquence : la saison est scindée en 2 et la 2e moitié semble assez décousue, avec des épisodes certes fun et légers, mais qui jouent un peu trop sur des ressors testés lors de la 1ère saison et qui sont utilisés ici de manière assez facile. Les blagues autour de Nathan tendent à être parfois répétitives ou encore le côté joyeusement n'importe-nawak éclipse parfois la tension dramatique, qui peine parfois à prendre (c'est plus particulièrement vrai pour l'épisode autour des jeux vidéos et celui de la fête masquée).

Ceci dit, dans le côté burlesque décomplexé, la série réserve quelques scènes d'anthologie :mention spéciale au méchant vaincu grâce à son allergie aux cacahuètes, qui donne lieu à un affrontement au sommet hilarant ou encore l'ouverture de l'épisode final, mettant en scène le tueur au pouvoir le plus ridicule qui soit : celui de pouvoir faire gicler le lait !

La barre est relevée avec ce finale justement, où le comique laisse place à une tension dramatique inattendue. Si on sent que les choses auraient pu être davantage poussées de ce point de vue-là (on aurait été en droit de s'attendre à ressentir davantage d'émotion étant donné certains rebondissements pourtant très forts, les choses sont un peu expédiées en raison du format court qui fait que la résolution intervient un peu trop vite), le cliffhanger promet de placer les héros face à un dilemme des plus intéressants. Au final, la force de la saison réside dans sa façon d'alterner comique tour à tour outrancier et faussement nonchalant avec une dimension émotionnelle encore et toujours surprenante avec seulement une poignée d'épisodes là où des séries de 12 ou 22 épisodes de 52 minutes peinent à avoir le même impact.     

 

Dexter saison 7

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Après le choc de la fin de la saison 6 (Deb découvre - enfin ! - l'identité secrète de son frère), la saison 7 était attendue avec autant d'excitation que d'appréhension. Les producteurs allaient-ils réussir à faire monter la tension pour que cette confrontation soit à a hauteur de nos espérances ? Au final, la saison est excellente, même s'il faut avouer qu'une partie des scènes de confrontation entre les deux héros auraient mérité d'être plus intenses, moins bavardes et plan-plan (Deb semble parfois un peu cruche ou à contre-temps dans certaines de ses réactions, ce qui est dommage). Il faut dire qu'elles étaient tellement attendues qu'elles ne pouvaient être que frustrantes.

Cependant, passé ces 2-3 épisodes mêlant des scènes d'exposition un peu surfaites, la tension grimpe d'épisode en épisode pour atteindre son comble avec l'arrivée du personnage d'Hannah, blondinette à la personnalité trouble qui instaure une relation triangulaire dans les rapports compliqués entre le frère et la soeur. C'est finalement grâce à ce personnage que les deux héros sont poussés dans leurs retranchements... Deb en particulier, qui prend un chemin assez étonnant durant cette septième saison. C'est aussi au travers des scènes mettant en scène ce personnage que la série, visuellement plus sage et asceptisée depuis la saison 4, retrouve sa maestria de la 1ère saison. 

Cette intrigue prend finalement le pas sur l'histoire autour de la mafia russe, qui semblait être au départ l'intrigue secondaire principale de la saison. Cette dernière prend un peu le spectateur à contre-pied lors de l'ouverture de saison et met quelques épisodes à décoller : le contraste avec la confrontation Deb-Dexter est trop fort pour que cette intrigue policière retienne l'attention de prime abord. C'est finalement grâce au personnage de mafieux russe mélancolique interprété avec brio par Ray Stevenson (connu pour la série Rome) que la mayonnaise finit par prendre et l'histoire se déployer. Le personnage devient d'ailleurs tellement fort qu'il éclipse une bonne partie des personnages récurrents : Batista, Laguerta et Masuka sont globalement en retrait cette saison. C'est aussi grâce à cette intrigue que les scénaristes parviennent à relancer l'ntérêt pour le personnage de Quinn, dont les déboires n'avaient pas été traités de manière très convaincante ou probante depuis la saison 5.    

Dramatiquement et émotionnellement, la série n'avait pas été aussi riche depuis ses débuts. Les personnages d'Hannah et Isaak Sirko créent un pôle qui permet, encore une fois, de confronter Dexter à son humanité et Deb à sa part d'ombre, donnant lieu à des scènes de confrontation mémorables. 

Pour finir, alors que la question que tout le monde se posait était : Debra va-t-elle finir par arrêter son frère, le finale s'achève sur un rebondissement qui en étonnera plus d'un... et augure d'une ultime saison où l'on ne saurait plus être sûrs de rien... En croisant les doigts pour que ce final des finals tienne toutes ses promesses. Réponse à partir du 30 juin !

 

Once Upon a Time saison 1

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Depuis le carton plein du Alice de Tim Burton au box-office, la tendance conte de fées s'est emparée du cinéma et des petits écrans, avec pas moins de 2 longs-métrages centrés autour de Blanche-neige l'an dernier et 2 séries évoluant autour de l'univers des frères Grimm... dont Once Upon a Time, dont la vision naïve renoue avec le charme et la kitscherie des productions des années 80 et 90. 

Au départ, il faut l'avouer, la série est vraiment cousue de fil blanc et le mauvais goût des scènes de flash-backs, avec ses filtres aux couleurs délavées, a de quoi rebuter. Entre ces images trop proprettes et l'aspect lisse de l'intrigue et personnages, ainsi que quelques invraisemblances (le gamin, comme souvent dans les séries des 80's et 90's est un vrai petit génie sans qu'on comprenne vraiment le pourquoi du comment), on regarde le show avec un soupçon de plaisir coupable et de scepticisme, curieux quand même de voir où tout cela va mener.

Et puis, au bout de quelques épisodes, la mayonnaise commence à prendre et ce qui se présentait à la base comme des faiblesses majeures de la série sont utilisées avec habileté : le personnage de prime abord très cliché et caricatural de la méchante reine est développé de manière fine et intelligente, si bien qu'il devient l'une des raisons majeures de regarder la série avec l'autre grand "méchant", Rumplestitskin. On sent d'ailleurs que c'est avec ces deux personnages que les scénaristes se font plaisir pour traiter de thèmes et émotions plus complexes et placer princes, princesses et fées face à leurs dillemmes.

Quant au kistch, souvent too much (les fées remportent la palme du mauvais goût avec leur aspect meringue), celui-ci finit par participer en partie au charme de l'ensemble dès que les créateurs s'amusent à le détourner de manière gentille mais efficace. Si la vision des contes que donne la série est davantage centrée sur celle des dessins animés Disney (les "clins d'oeil" vont jusqu'à reproduire les tenues des princesses ou encore à présenter des personnages absents des histoires originales), peu à peu, les scénaristes prennent suffisamment de liberté pour s'écarter de ces chemins balisés et injecter quelques doses d'originalité bienvenues (ce qui sera accentué de plus en plus lors de la saison 2). 

Malgré une réalisation plate et proprette sur laquelle on ne s'apesantira pas et des effets spéciaux très voyants, on peut alors se laisser emporter avec plaisir dans cette galerie de personnages hors du temps. La navigation entre passé et présent (testée et approuvée avec Lost... la série comptant plusieurs scénaristes de cette série) prend aussi de l'ampleur au fur et à mesure et devient plus intéressant, moins artificiel et facile. Chaque personnage, comme il est de rigueur, a son épisode ou moment de gloire et, malgré quelques têtes à claque (le personnage de David/Prince charmant appelé dans l'univers des contes par le seul nom de... "Charming" ; certaines des réactions d'Emma, l'héroïne, qui se doit d'être sceptique et obstinément aveugle jusqu'au bout et réagit donc souvent comme une cruche), l'histoire se développe et emporte de plus en plus l'adhésion. Alors oui, il faut un peu accepter de retrouver son âme d'enfant et la série est parfois un peu déséquilibrée entre certaines sous-intrigues complexes et d'autres un peu trop fades, mais l'ensemble est touchant. 

Surtout, lors du derniers tiers, les différents éléments s'imbriquent et donnent lieu à un final (malheureusement un peu trop vite expédié d'un point de vue dramatique) qui change radicalement la donne pour la saison 2, où le show gagne en maturité. Verdict final ? Si l'on ne craint pas un peu de guimauve et qu'on a le goût du merveilleux, la série est des plus plaisantes pour se détendre et rêvasser un peu.  

Par Cécile Desbrun - Publié dans : Séries TV - Communauté : Serie TV Alliance
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Mardi 9 avril 2013 2 09 /04 /Avr /2013 10:19

Bonjour tout le monde ! 

Comme je le disais le mois dernier, le blog prend un nouveau départ... tout comme moi. J'ai lancé CulturELLEment Vôtre (qui ne s'appelait pas encore comme ça alors) en 2009, alors que j'étais encore à la fac. L'idée était d'affiner ma plume tout en partageant mes coups de coeurs, coups de gueule et analyses. Il m'a fallu un peu de temps pour trouver un équilibre qui, finalement, a toujours été changeant. 

Avant tout spécialisée dans le cinéma, l'imaginaire et l'écriture par mes études et par passion, j'ai aussi toujours tenu à parler de musique, littérature, séries TV, mode... Bref, tous les domaines qui me passionnent, me parlent et sur lesquels j'ai envie de m'exprimer. Et force m'a été de constater un certain manque d'équiiibre entre ces différentes rubriques, qui s'est accentué à mesure que j'actualisais de moins en moins le site. 

Beaucoup de choses se sont passées dans ma vie, qu'on pourrait résumer en ces termes simples : remise en question personnelle. Il y a un moment où il faut faire des choix. Étudiante au long cours, j'ai ensuite pas mal navigué entre mes aspirations en journalisme culturel (j'ai écrit, principalement bénévolement, pour différents sites web), en écriture littéraire (un petit texte publié dans une revue belge, de courts textes jusque-là non partagés et un projet de roman toujours en suspens), en traduction, en création artistique, en exerçant des jobs alimentaires, me lançant même l'an dernier avec passion dans une activité transitoire de personal shopper que je n'ai jamais vraiment eu le temps de développer et à laquelle j'ai finalement définitivement mis fin... 

J'ai toujours eu différentes cordes à mon arc, différentes facettes aussi, un kaléidoscope d'envies, de passions, d'humeurs que j'ai souvent eu du mal à accorder en un tout cohérent, sans m'éparpiller. Alors que je me suis toujours spécialisée, culturellement, dans l'image des figures féminines, je n'ai jamais vraiment publié de billets ou d'articles traitant directement du féminisme, sujet qui me parle tout particulièrement (ceux qui me lisent régulièrement sont au courant, depuis le temps !) et je n'ai jamais développé plus que ça la rubrique mode... Me disant que, mes plus fidèles lecteurs étant là pour le cinéma, cela brouillerait l'image du blog ou ferait "moins sérieux". A la fois intello et légère, j'ai longtemps eu du mal à assumer mon côté plus fleur bleue (qui transparaît régulièrement cela dit, surtout que je suis toujours gentille dans mes notes sur les films et très bon public). De même, si mes articles sur le cinéma, la littérature ou la musique m'ont régulièrement donné l'occasion d'exprimer des opinions ou points de vue sur différents sujets, je n'ai jamais osé publier (ou du moins, très très rarement) d'articles traitant de ces divers sujets, qu'ils soient d'actualité, d'expo ou autre. 

Plus tôt dans l'année, j'avoue que j'étais même prête à lancer 1 ou 2 blogs supplémentaires, pour chaque sujet différent... Et puis, tout compte fait, pourquoi me casser la tête ? Je suis après tout la même fille passionnée par ces différents sujets, le blog s'appelle CulturELLEment Vôtre... N'est-il pas temps d'assumer ? (ma devise ces jours-ci) 

Tout est encore un peu sens dessus-dessous, mais j'ai décidé de réorganiser peu à peu le blog, de tenter différentes choses, comme je le disais... d'où l'apparition d'une rubrique "Art & Culture" un peu bric-à-brac qui regroupera tout ce qui ne rentre pas vraiment "dans les cases" (et pourquoi tout devrait rentrer "dans des cases", d'ailleurs ?) et advienne que pourra. Comme je tente aussi différentes choses dans ma vie personnelle.

Arrivée à Paris en début d'année, ce nouveau départ, toujours en cours d'embrayage, m'a permis de me reconnecter avec mes envies, de me poser devant des choix de vie, me poser la question "qu'ai-je fait de mes rêves" et donné l'élan pour les rendre peu à peu concrets, tout en faisant le tri, ce qui compte, ce qui est essentiel, ce qui m'inspire et m'aide à aller de l'avant... (à ce propos, j'écrirai sans doute une petite liste ou billet d'humeur sur ces petits trucs que j'aime faire, chose que j'aimerais faire plus régulièrement en tant que blogueuse)

Et parce-que les remises à zéro des compteurs permettent de mettre les choses en perspective et sont aussi l'occasion d'un petit coup d'oeil dans le rétroviseur pour mieux aller de l'avant, je tenais à adresser une pensée (et un grand merci) aux lecteurs, aux blogueurs, aux beaux échanges et aux belles rencontres intellectuelles et humaines que le blog m'a permis de tisser... Et j'en profite aussi pour tirer mon chapeau à Jérémy Zucchi, qui a réalisé le graphisme de ce blog et avec qui j'ai longtemps fonctionné en tandem et qui, comme moi, s'en va vers de nouvelles aventures, intellectuelles, artistiques et humaines...

La vie est pleine de surprises, je pourrais terminer là-dessus. Je suis toujours en phase de recherche, quelque part, et le blog n'est que le reflet de cela, mais je suis plus que jamais reconnaissante de tout ce qui a pu m'arriver jusque-là, des rencontres faites, du chemin parcouru. J'aspire à croquer dans la vie à pleines dents, la prendre à bras le corps... J'espère que les quelques articles publiés au fil des semaines traduiront à leur manière ce tourbillon de vie, d'envies et sauront vous titiller et vous surprendre. 

Sur ce, je vous dis à bientôt !

Par Cécile Desbrun - Publié dans : Actus du blog
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Mercredi 27 mars 2013 3 27 /03 /Mars /2013 18:47

Ce n'est un secret pour personne, chers lecteurs : la mise à jour du blog depuis fin 2011 a été plus que chaotique. A peine 5 petits articles publiés de-ci de-là, un dossier Buffy commencé mais jamais poursuivi, un bilan ciné de l'année 2011 jamais achevé... Après maintes pérégrinations (et mon arrivée à Paris), il était donc temps de remettre les choses en ordre et de repartir d'un bon pied !

Histoire de rattraper le temps perdu, je vous propose à partir d'aujourd'hui un petit bilan de mes coups de coeur ou coups de gueule de l'année 2012 dans différents domaines. On commence donc (encore et toujours) par le cinéma. Une année qui aura été riche même si, là encore, j'ai loupé plein de films dits "incontournables".  

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The Avengers de Joss Whedon

Comics + Joss Whedon + une affiche 5 étoiles et une floppée de super-héros = gros trip en vue ! L'excitation (et l'appréhension) étaient palpables avant la sortie de cet énorme blockbuster. Après tout, les différentes incursions du scénariste-réalisateur au cinéma n'avaient pas vraiment été couronnées de succès et le monsieur lui-même s'était toujours dit frustré de ne pas avoir suffisamment eu les commandes en main. Et puis, une fois les lumières éteintes, pas de doute possible : le papa des séries Buffy, Angel et Dollhouse a réussi son coup ! Cet Avengers est un énorme joujou sans prétention, fun et léger, avec des répliques drôles et cinglantes comme seul lui sait les écrire, avec un bon sens du timing et des personnages qui ont tous leur moment de gloire. mention spéciale à l'interrogatoire musclé de Scarlett Johansson en début de film, à Hulk faisant joujou avec Thor et aux répliques de diva de Robert Downey Jr. Alors oui, on pourra toujours trouver que ça part un peu dans tous les sens, qu'il manque le souffle dramatique et épique qu'on trouve d'habitude dans l'univers whedonien... Mais ce n'est pas le but de cet énorme blockbuster aussi fun qu'honnête, qui devrait donner naissance à une floppée d'autres films avec ces différents personnages.   

 

The Dark Knight Rises de Christopher Nolan

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Après le monument de cinéma qu'était Tne Dark Knight, les attentes autour de ce Dark Knight Rises, censé boucler la trilogie de Nolan (on est en droit de se demander si ce sera vraiment le cas étant donné la fin du film), étaient grandes. Le cinéaste parviendrait-il à placer la barre encore plus haut ? La réponse est non (le film est boursouflé par endroits, oui, Marion Cotillard meurt mal et certains rebondissements sont tirés par les cheveux ou prêtent à sourire)... il n'empêche que ce 3e volet est grandement jouissif, avec un Christian Bale toujours au top niveau et surtout une Anne Hathaway qu'on attendait pas aussi flamboyante et convaincante en Catwoman. Il fallait arriver à s'imposer après Michelle Pfeiffer dans le Batman le défi de Tim Burton. Mais il suffit à l'actrice américaine d'une seule scène d'introduction où elle joue les domestiques se transformant en cambrioleuse de charme pour faire voler en éclats tous les à priori qu'on pouvait avoir sur elle. Et le film de valoir vraiment le coup d'oeil pour la relation qui s'instaure entre les deux, qui lui donne toute sa dimension et ses plus beaux moments d'action, d'humour et d'émotion. Michael Caine a aussi de belles scènes dans le rôle d'Alfred, plus touchant que jamais. Tous ces beaux moments nous font alors oublier les scènes ou les petits rôles inutiles et le côté parfois acadabrantesque de l'histoire, qui a eu tort de la patience de nombreux spectateurs. 

 

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The Hobbit : Un voyage inattendu de Peter Jackson

Grande amatrice de la trilogie du Seigneur des anneaux, je n'avais jamais lu Bilbo le Hobbit. Comme beaucoup, j'appréhendais de voir le 1er volet de ce prequel, qu'on n'osait plus attendre depuis le temps qu'on nous l'annonçait. Et contre toute attente, j'ai été emportée par le souffle et la vision de Jackson, la maestria visuelle, le rendu encore plus réaliste de Gollum... Le cinéaste néo-zélandais a réussi son pari en trouvant un équilibre entre un côté plus naïf, plus enfantin (voir les scènes avec l'oiseau, les trolls...), tout en conservant la cohérence de sa trilogie et le côté plus sombre, inquiétant et mature qu'on pouvait y trouver. Résultat : on ne voit pas passer le temps et on s'envole loin, très loin en Terre du Milieu entre apparitions souvent mémorables de visages connus (Cate Blanchett illumine toujours de sa présence ses quelques scènes) et galerie de nouveaux personnages. Du coup, on attend avec une vive impatience le 2e et dernier volet en décembre prochain !

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De Rouille et d'Os de Jacques Audiard

Oui, encore un film avec Marion Cotillard ! :D Mais dans un film de Jacques Audiard, qui sait frapper fort et se réinventer d'un film à l'autre. Plus facilement abordable que le sommet que représente Un prophète avec De battre mon coeur s'est arrêté, De rouille et d'os est aussi un film rêche, qui taille dans l'os justement pour mettre à vif ses personnages singuliers. Fort, émouvant, le film ne bascule jamais dans le sentimentalisme ou le pur coup de poing. C'est peut-être ce qu'on pourrait lui reprocher au final : on ne pleure jamais tout à fait, on n'est jamais tout à fait K.O... Mais on est toujours au coeur de l'action, sur le ring, entre ces deux personnages hauts en couleur et inadaptés qui se relèvent toujours et ne s'avouent jamais vaincus. Avec quelques moments magiques comme la scène où une Marion Cotillard handicapée communique de nouveau avec un orque. Reste une fin un peu frustrante, en pointillés, qui aurait mérité d'être plus affirmée, sur le fil...

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Cloclo de Florent Emilio-Siri

Un biopic de 2h30 sur la vie de l'incontournable Claude François, rythmé par ses plus grands tubes... Pas le programme idéal dit comme ça, mais... avec Florent Emilio-Siri derrière la caméra, le résultat ne pouvait qu'avoir de la gueule ! Le film devient alors un portrait scorsesien en diable, mais à la française, d'une personnalité complexe et pas forcément toujours sympathique, mais toujours touchant. Avec des scènes d'une maestria visuelle à tomber (le faux malaise de l'idole en scène), des acteurs impressionnants et habités d'un bout à l'autre... Surtout, les différents tubes de l'artiste sont toujours utilisés à bon escient et mis en perspective de façon pertinente, contrairement au Gainsbourg de Yoann Sfar qui avait tendance à ressembler à un simple album de vignettes. 

 

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Moonrise Kingdom de Wes Anderson

Mon grand coup de coeur de l'année. Depuis La Famille Tennenbaum en 2002, Wes Anderson a toujours tenu une place à part dans mon coeur. Je n'avais jamais vraiment retrouvé la magie et l'émotion de ce film avec les autres films du cinéaste, que j'ai pourtant toujours aimés. La vie aquatique, pour sympathique, drôle et même touchant qu'il était, n'a jamais soulevé plus que ça mon enthousiasme... Et puis, vient ce Moonrise Kingdom, naïf, touchant et mature à la fois. Contrairement à la Famille Tennenbaum où nous avions affaire à des adultes grandis trop vite se comportant en gamins neurasthéniques, Moonrise Kingdom nous plonge dans l'univers de gamins tristes à cause de leur environnement familial mais à l'imagination débordante, cherchant à repousser les limites de la réalité, à la déplacer. Drôle et beau à pleurer, joyeux et triste, le film passe en un rien de temps et laisse une image indélébile. Les enfants-acteurs sont épatants de talent, la maestria visuelle du cinéaste et son imaginaire sont toujours là, intacts, mais plus ramassés, plus cohérents que dans A bord du Darjeeling Limited, dont on ne voyait jamais la fin et qui caricaturait un peu trop le style du cinéaste hype pour convaincre tout à fait. Ici, même si les personnages sont très "à la mode" et "dans le vent" par leur garde-robe, notamment, la sincérité est de mise et le film ne se regarde jamais le nombril. Un classique et un film à voir et à revoir !

 

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Cosmopolis de David Cronenberg

Cronenberg nous livre son film le plus trash et tordu depuis Crash en 1996 ! Et avec (cerise sur le gâteau), un Robert Pattinson qu'on attendait absolument pas dans cet imaginaire glacial et exigeant. L'acteur tire parti de son visage souvent impénétrable (ce qui était le principal reproche que lui faisaient - à juste titre - ses détracteurs dans Twilight) et sombre sous nos yeux dans une folie pour le moins originale. On pense souvent à American Psycho par la manière dont Cronenberg dresse le portrait de ce multi-milliardaire cynique et très clean sur lui en apparence, qui voit défiler dans son interminable limousine une galerie de personnages des plus foisonnantes. Il faut se laisser porter, le film ne faisant aucun effort pour ne pas nous perdre en chemin (mais n'est-ce pas un peu le but, après tout, et le parcours que suit le personnage lui-même ?). Mais lorsque le générique apparaît, reste un film qui nous aura secoués et interpellés, dérangés profondément, sur une thématique on ne peut plus actuelle : notre ultra-moderne solitude dans un monde dénué de sensation, d'émotion, où tout a un prix et où si tout est accessible numériquement, l'amour et l'amitié ne se commandent pas. 

 

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Les adieux à la reine de Benoît Jacquot

Benoît Jacquot nous fait rentrer dans les coulisses du pouvoir versaillais et dans l'intimité de la plus fantasque des reines de France par la petite porte... celle de sa lectrice personnelle (fictive), une jeune fille timide, renfermée et un brin hautaine en transe face à Marie-Antoinette (Diane Kruger, à son plus haut niveau), tour à tour touchante et cruelle en femme amoureuse, mère effrayée ou insouciante, reine perdue et calculatrice... L'originaliité du film est son approche résolument documentaire et ultra-réaliste : nous sommes chevillés d'un bout à l'autre à la narratrice (Léa Seydoux, qui monte de film en film), dans l'effervescence du palais, pas toujours aussi glamour que dans les décors du Marie-Antoinette de Sofia Coppola (que j'adore par ailleurs), nous sommes aussi perdus que les personnages sur ce qui est en train de se tramer même si, évidemment, nous savons parfaitement ce qu'il adviendra.

Et le film de Benoît Jacquot de réussir là où le film de Coppola ne faisait que passer : réussir à montrer l'isolement dans lequel se trouvait la cour versaillaise et parvenir à retranscrire l'aveuglement (et la remise en question dans certains cas) à la fois des dirigeants mais aussi de toutes les petites mains gravitant autour de ces personnages hauts en couleur, humains au final mais demeurant à jamais impénétrables, avec leur part de secret. C'est cette manière de faire se rejoindre la petite et la grande histoire qui rend ces Adieux à la reine (que le réalisateur a considéré en interview comme un "petit film classique" entre deux projets plus originaux) aussi touchants.

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Populaire de Régis Roinsard

En matière de comédie rétro, méchamment drôle, loufoque, fantaisiste et touchante à la fois, le cinéma français nous avait rarement proposé un film aussi réussi et enlevé que Populaire. Le film, frais et léger, lorgne du côté des comédies américaines des 50's à la Lubitsch et Wilder tout en versant dans un humour très OSS 117. Le cinéaste croque les travers de ses personnages, mais éprouve pour eux une tendresse et une attachement qui transparaissent au travers de chaque plan. Il en ressort un film drôle, humain, avec des acteurs beaux, glamours mais surtout très à l'aise dans des rôles qui s'épaississent de plus en plus, sortant de leur moule d'image glacée. C'est après tout le propos du film : comment la timide et délurée secrétaire jouée par Déborah François parvient à s'affranchir des codes imposés aux femmes par la société pour devenir la "dactylo la plus rapide au monde" (c'est quand même le pitch de film le plus déluré qu'on ait vu depuis pas mal de temps)... et une personne à part entière, qui parvient à s'imposer dans le monde. L'alchimie avec Romain Duris (toujours aussi à l'aise, peu importe les rôles) fonctionne très bien et le timing au cordeau fait qu'on ne voit jamais le temps passer. Une réussite dans le genre qui vient encore redonner - si besoin était - ses lettres de noblesse au genre de la comédie française drôle et intelligente. 

 

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Holy Motors de Leos Carax

Au rayon OVNI, on aura sans doute pas vu plus déjanté que ce Holy Motors qui tourne tout entier autour du talent de Denis Lavant, qui épate et fait peur dès le départ en fou avaleur de tout et n'importe quoi, même de bouquets de fleurs (qui ont l'air d'être vrais !). Grande métaphore sur le métier d'acteur, la vie, le film ne se suit pas facilement mais, comme dans la plupart des cas avec ce genre d'oeuvre barrée légèrement n'importe-nawak sur les bords, il faut se laisser porter. On passe d'un univers à l'autre avec ce personnage dont on ne sait pas, au final, quelle est l'identité (lui-même semble d'ailleurs l'avoir oublié) et deses rencontres avec une galerie hétéroclite de visages souvent connus. Parmi les nombreux caméos et rôles secondaires, on retiendra Eva Mendes, belle plante en plein shooting qui se fait littéralement kidnapper par le personnage de clochard fou pour son plus grand plaisir (une sorte de Belle et la Bête violemment déjantée !) et Kylie Minogue, émouvante en ancienne compagne dans un sketch de comédie musicale nostalgique et mélancolique où la chanteuse donne le la en français et prouve qu'elle a un gros potentiel d'actrice malgré les fours et navets qu'elle a pu tourner dans les années 90. On rit, on pleure, on est parfois interloqué, le délire métaphysique peut aussi virer au grand n'importe quoi (la fin, si elle est sympas, prête à sourire : on peut se demander si Carax ne s'amuse pas simplement à tester le spectateur), mais au final, la liberté de l'ensemble l'emporte et des images, des moments restent, indélébiles.  

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Anna Karénine de Joe Wright

Keira Knightley et Joe Wright, un duo gagnant... J'avoue volontiers que je n'ai pas vu les précédents films du cinéaste avec l'acrice. Ayant toujours beaucoup aimé le roman de Tolstoï, j'étais curieuse de voir cette énième adaptation... et j'ai été emportée par l'originalité de la mise en scène. Le principe du thêâtre dont les décors changent et alternent en permanence apporte souffle épique et force romanesque au drame et permet aussi d'effectuer quelques ellipses bienvenues dans le pavé que constitue le roman. En coupant dans le vif de l'histoire et en restant au plus près du ressenti d'Anna, dont le piège de la passion se referme de plus en plus sur elle, l'oppressant (les décors se font aussi plus étouffants, plus sombres au fur et à mesure), Joe Wright donne un côté viscéral à ce film beau et esthétique qui aurait facilement pu paraître artificiel. Du coup, les 3h passent sans problème. Un film audacieux pour un cinéaste, moqué pour sa pub Chanel avec Brad Pitt, qu'on a souvent considéré trop sage et académique.

 

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Thérèse Desqueyroux de Claude Miller

Le dernier film de Claude Miller n'est pas drôle, loin s'en faut. Inspiré d'un fait divers sordide qui a connu une fin relativement heureuse, contrairement à d'autres cas similaires survenus lors de la même période, il dégage une atmosphère rèche, étouffante, qui le rendent parfois difficile. Et offre un magnifique écrin à Audrey Tautou, hallucinante en femme libre mais entravée, autant par la société que par elle-même et qui sombre de plus en plus sous nos yeux. Gilles Lelllouche surprend dans le rôle fort ingrat du mari beauf imbus de lui-même de prime abord mais finalement fragile et généreux. On est content, au final, lorsqu'on ressort de la salle, mais le destin de Thérèse et la prestation habitée d'Audrey Tautou nous suivent longtemps. 

Par Cécile Desbrun - Publié dans : Cinéma - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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