Mardi 2 novembre 2010 2 02 /11 /Nov /2010 02:05

blue-velvet-affiche.jpgJe n'ai finalement pas eu le temps ni l'envie de revoir Dune dans le cadre du défi David Lynch, j'ai donc passé mon tour et laissé Cachou, Vance et Yuko s'exprimer. Je n'ai vu le film qu'une fois il y a deux-trois ans mais j'avoue que je m'étais ennuyée et j'avais été gênée de voir que ce film, sur lequel Lynch avait souffert des trop grandes contraintes posées par Dino de Laurentiis, avait si mal vieilli malgré quelques images et passages intrigants. 

Voici donc venu le tour de Blue Velvet, avec une semaine de retard... Il faut dire que j'ai beaucoup écrit sur ce film dans le cadre de mon mémoire de master 2 et arriver à écrire un seul article s'est révélé compliqué. Au vu de la longueur de l'ensemble, je l'ai coupé en deux parties pour rendre le tout plus digeste mais je l'ai publié de sorte que vous puissiez le lire dans la continuité plutôt que la dernière partie apparaisse en premier sur le blog. J'espère que cette critique/analyse saura intéresser ceux qui ont vu le film et intriguer ceux qui n'auraient pas encore plongé dans la fameuse oreille coupée...

Un film matrice

Après les errements de Dune, qui l'avaient fortement affecté, David Lynch retrouve Kyle MacLachlan (qui devient son acteur fétiche) dans ce film caractéristique de son oeuvre - mais encore étrangement linéaire - qui aboutira ensuite directement à la naissance de la série Twin Peaks (1990-1992), où l'on retrouve une petite ville trop parfaite, comme figée dans les années 50 et les codes du film noir. Mais l'influence de Blue Velvet se fera également fortement sentir dans le reste de la filmographie du cinéaste, qu'il s'agisse de Sailor et Lula (1990), Lost Highway (1997) ou, de manière plus significative, dans Mulholland Drive (2001).

Pas un plan de ce film ne comporte en effet des éléments qu'on ne retrouvera pas plus tard dans son cinéma. De fait, Blue Velvet fait partie (à raison) des films cultes du cinéaste et force est d'admettre que près de vingt-cinq ans après sa sortie en salles, il n'a absolument pas vieilli et se révèle toujours aussi troublant. 

 L’idée de Blue Velvet a émergé dans l’esprit de Lynch après que son projet Ronnie Rocket ait été refusé par les producteurs. C’est la chanson de Bobby Vinton du même nom, qui parcourt tout le long-métrage, qui l’a inspiré : il aurait tout de suite visualisé un ciel très bleu et une femme aux lèvres rouges dans une voiture. Quant à l’image de la fameuse oreille coupée que le héros, Jeffrey, trouve dans un champ au début du film, elle a grandement influencé l’histoire et l’ambiance de celui-ci.

L'oreille coupée

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Lynch raconte en effet qu’il avait parlé au producteur Richard Roth d’une vague idée de scénario où le héros se faufilerait la nuit dans la chambre d’une fille pour la regarder et qu’il pourrait peut-être trouver quelque chose qui deviendrait un indice dans un roman policier à un moment donné.[1] Roth ayant adoré l’idée, il lui demanda alors d’écrire un premier traitement. « Je suis rentré chez moi et, je ne sais pas pourquoi, j’ai visualisé un type qui trouvait une oreille dans un champ.[2] » L’idée de cette oreille lui plaisait particulièrement car « c’est une ouverture. L’oreille est large, et quand elle se rétrécit, on peut y descendre. Et elle mène à quelque chose d’immense…[3] »

Il faut dire que le cinéaste est obsédé par les fragments et qu’une telle idée n’a donc rien d’étonnant de sa part. Outre ses nombreux kits d'animaux réalisés dans les années 70, on retrouve également dans ses films de nombreuses images marquantes isolées et des gros plans qui entraînent le spectateur dans un vertige qui va en s’amplifiant…

Plus que des abstractions, comme il aime lui-même à les appeler, ces fragments sont ainsi de véritables « jumping off points » pour le cinéaste qui a souvent ces images en tête avant même de savoir dans quelle logique narrative (ou même quelle histoire tout court) elles pourront s’insérer. Cette oreille coupée que Jeffrey, jeune étudiant en première année de médecine, trouve en sortant de l’hôpital où se trouve son père, victime d’une crise cardiaque, sert ainsi de point d’entrée dans Blue Velvet… Elle va faire pénétrer le héros et le spectateur avec lui dans un univers sombre et étrange, au-delà des apparences proprettes de la banlieue de Lumberton, petite ville côtière semblant figée dans les années 50.

Mystère et fragment

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Ce fragment corporel est ainsi caractéristique du mystère dont le film est imprégné et par lequel Jeffrey est de plus en plus obsédé… un point commun qu’il partage avec David Lynch lui-même, qui utilise volontiers ce terme pour décrire l’ambiance qu’il cherche à donner à ses films. En parlant de Lost Highway, il avait ainsi déclaré à Chris Rodley : « Pour moi, un mystère est comme un aimant. Dès qu’une chose est inconnue, elle attire. Si vous êtes dans une pièce, qu’il y a une porte ouverte sur des escaliers et que la lumière s’éteint en bas, vous serez très tenté de descendre. Ne voir qu’une partie, c’est encore plus fort que de voir le tout. Le tout peut avoir une logique, mais en dehors de son contexte, le fragment prend une incroyable valeur d’abstraction. Ca peut devenir une obsession.[4] »

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Une définition qui correspond bien à Blue Velvet : on apprend relativement vite (avant la moitié du film) à qui appartient l’oreille, qui l’a tranchée et pourquoi. Et pourtant, une fois ce mystère-là éclairci, le film n’en demeure pas moins plongé dans cette ambiance aussi pesante que fascinante qui va en s’amplifiant. C’est peut-être ce fragment sorti de son contexte qui a attiré Jeffrey dans cet univers mais, l’énigme résolue, il ne peut s’en extraire car le vrai mystère, insoluble par nature, ne se trouve pas là mais réside plutôt en Dorothy (Isabella Rossellini), femme fatale désaxée qui confronte le héros à sa part d’ombre refoulée.

Le jeune homme apprend en effet par la fille du détective Williams (auquel il a remis l’oreille), Sandy (Laura Dern), que cette chanteuse de bar serait peut-être impliquée dans l’affaire. Poussé par « l’innocente » blonde, notre héros va donc, comme dans les films noirs classiques, se retrouver dans les bras de la ténébreuse femme fatale, prisonnière d’un mafieux fou à lier, Frank Booth (Dennis Hopper, génial et terrifiant), qui la force à se plier à des jeux sado-maso.

Enquêtant au départ sous couvert de découvrir des indices à remettre à la police (bien qu’on sente dès le départ qu’il ne s’agit-là que d’un prétexte), le jeune homme finit donc par enquêter sur lui-même, en quelque sorte. Une particularité qui est celle du film noir, genre sur lequel repose largement Blue Velvet. Dans le film noir en effet, l'histoire du crime est sans importance, ce sont toujours les personnages et leur psychologie sombre et ambigue qui prime. Et de ce côté-là, le film est une franche réussite et parvient à retrouver l'ambiance tout en clair-obscur caractéristique du film noir américain mais en lui ajoutant ce décalage si cher à Lynch, où l'on hésite constamment entre sourire et frémir.

Jeffrey: un spectateur-détective 

blue-velvet-jeffrey_placard4.jpgS’introduisant en cachette dans l’appartement désert de la chanteuse pour la scruter depuis son placard lorsqu’elle rentre chez elle, Jeffrey est un spectateur-détective ressemblant étrangement à celui de Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock (1954), qui se nommait… Jeffries. Tout comme le chef d’œuvre du maître du suspense, il est en effet principalement question de regard dans le film de Lynch : au départ simple « spectateur », le jeune homme se retrouve  néanmoins rapidement plongé au cœur de l’action lorsqu’il sera découvert par la jeune femme, qui le menace d’un couteau de cuisine  et l’oblige à se déshabiller.

Le regard, à l’image de l’objectif de la caméra, devient ainsi actif et par là-même dangereux, tout comme la parole d’ailleurs : si, dans le film d’Hitchcock, c’était une petite phrase prononcée par le personnage joué par Grace Kelly qui poussait le héros à espionner son voisin, de plus en plus persuadé que celui-ci a tué sa femme, ici, c’est bel et bien la faussement ingénue Sandy qui excite la curiosité de Jeffrey, lui proposant directement de l’emmener voir l’immeuble de la chanteuse lors de leur première rencontre. Par ailleurs, la musique d’Angelo Badalamenti (il s’agissait ici de la première collaboration de Lynch avec celui qui allait devenir dès lors son compositeur attitré), mystérieuse et envoûtante, évoque celle d’un film des années 50 qui pourrait tout à fait être un Hitchcock.

Nous avons donc ici un homme (spectateur-détective et double du cinéaste), deux femmes, l’une brune et l’autre blonde et une oreille comme pont entre les deux ou plutôt comme point d’entrée... Car le mystère qui happe le héros, dans le fond, n'est autre que le Mystère Féminin, et Blue Velvet se donne en fin de compte plus à voir comme la réflexion tortueuse et torturée d'un homme sur l'amour qu'un film policier à suspense. C'est ce qui en fait sa grande force et les personnes qui peineront à s'intéresser à cette dimension risquent donc de rester à côté du film.

La blonde et la brune

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  Reprenant un paradigme classique cher au cinéma hollywoodien, David Lynch oppose ainsi la douce et blonde Sandy, fille du détective Williams et jeune fille (trop) bien sous tous rapports à la ténébreuse Dorothy Vallens, mystérieuse, sensuelle, mais victime d'abus sexuels et au bord de la folie. Si on retrouvait déjà cette opposition dans Eraserhead avec la petite-amie du héros d'un côté et sa séduisante voisine de l'autre, c'est véritablement à partir de Blue Velvet que cet antagonisme/parallèle prend toute sa dimension puisque ces deux pôles symbolisés par deux femmes est ici ce qui structure le film. Et évidemment, celui-ci joue également sur les couleurs chatoyantes et un glamour de surface qui touche au fétichisme (chevelures, perruques, maquillage, tenues, etc.) et que l'on retrouvera dans Twin Peaks, Lost Highway et Mulholland Drive.

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C'est ainsi que l'allure d'Isabella Rossellini dans le film a beaucoup marqué les esprits, y compris dans le domaine de la mode, alors même que le cinéaste s'attache à déconstruire véritablement l'image de femme fatale que se donne la chanteuse, qui n'a rien d'une femme forte et vénéneuse et n'est pas vraiment glamour, en fin de compte. C'est là un point essentiel à ne pas oublier : le cinéaste et son actrice ne voulaient pas que les scènes de sexe violentes du film soient perçues comme excitantes mais au contraire dérangeantes. Cette femme que Jeffrey observe depuis son placard est après tout une femme violée et séquestrée, traumatisée au point qu'elle a en partie accepté son sort et reproduit le comportement pervers de son agresseur avec le héros pour tenter de l'exciter, pensant qu'il doit aimer ça.

Dorothy Vallens: le paradoxe de la femme-objet

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La sexualité et la nudité de la jeune femme ne nous sont donc pas montrées comme attirantes : lorsqu'elle se déshabille, on voit les défauts de son corps et plus le film avance, plus celui-ci s'apparenterait presque à un cadavre ou un morceau de chair fraîche. Dans le documentaire de l'édition collector, "The Mysteries of Love", l'actrice avoue qu'elle avait regardé pas mal de photographies de carcasses de vaches et de tableaux de Francis Bacon et qu'elle avait interprété Dorothy comme une jolie poupée cassée. Son interprétation est en effet saisissante,  souvent effrayante et les scènes sexuelles, notamment celles où apparaît Frank, sont en ce sens particulièrement dérangeantes et mettront plus d'un spectateur mal à l'aise... ce qui était clairement le but recherché, mais sans la moindre condescendance.

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Il est étrange de penser, au vu des partis pris du film, que des féministes américaines aient violemment protesté contre celui-ci au moment de sa sortie, le taxant de misogynie. Comme il est assez ironique, en fin de compte, que le film ait propulsé Isabella Rossellini comme un véritable sex-symbol subversif des années 80 (même si elle était déjà très connue en tant que top-model), Madonna allant même jusqu'à l'inviter à participer à son livre de photos érotiques/porno-soft Sex pour poser à ses côtés sur des clichés suggestifs. Bien qu'il s'attache toujours à gratter le vernis des apparences et soit considéré comme un cinéaste culte peu accessible au grand public, force est de constater que Lynch a le chic pour soigner l'apparence de ses personnages féminins au point que leur glamour éclipse leur ambiguité fondamentale dans l'imagination populaire.

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Mais l'accès de Rossellini au rang d'icône sensuelle suite à ce film est en fin de compte comparable à ce qui s'est passé pour Rita Hayworth, à jamais Gilda pour le public alors même que le film éponyme de Charles Vidor traite avant tout de la manière dont une femme est victime des projections machistes des hommes qui l'entourent, qui cherchent à faire d'elle une femme-objet par tous les moyens car sa sensualité les menace. La scène du "strip-tease" dans le club, où l'héroïne retire son gant, est en fait une scène d'humiiation, un acte désespéré pour attiser la jalousie de son mari qui l'a emprisonnée pour la punir de sa sensualité tout en la contraignant à se donner en spectacle tous les soirs. Plus qu'une démonstration de puissance sexuelle féminine (comme semble pourtant l'attester son assurance espiègle), il s'agit avant tout d'un aveu d'impuissance de la part d'une femme qui signifie ainsi à son mari qu'elle n'a plus qu'à se comporter en pute puisque c'est tout ce qu'il veut voir en elle. Ce parallèle avec l'icône tragique Rita Hayworth (dont la vie personnelle comportait de nombreux points communs avec son personnage phare) sera d'ailleurs explicitement utilisé par Lynch dans Mulholland Drive au travers du double-personnage Rita/Camilla...

"The Mysteries of Love" ou le mystère féminin

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Le personnage interprété par Laura Dern, Sandy, est à priori une ingénue dans toute sa splendeur : naïve, douce et souriante à l'excès au point d'en être souvent irritante, rêvant du prince charmant et de milliers de rouges-gorges chassant les ténèbres à la manière d'une princesse Disney... Cependant, comme souvent chez Lynch, il ne faut pas s'arrêter aux apparences et la blonde est en fait une femme fatale qui s'ignore, en faisant le personnage le plus ambigu et mystérieux du film alors même qu'on est portés à penser que celui-ci serait plutôt Dorothy. Vers le milieu du film, alors qu'ils se trouvent au café Chez Arlene où le jeune homme vient de révéler à l'adolescente sa dernière escapade nocturne, celle-ci lui demande: "Tu aimes les mystères à ce point?"... Ce à quoi il lui répond tout de go: "Oui. Tu es un mystère. Je t'apprécies vraiment beaucoup" avant de l'embrasser fougueusement. Une déclaration, décalée de prime abord, qui n'a cependant rien d'étonnant.

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Le film est en effet structuré autour de la rencontre entre Jeffrey et Sandy et l'évolution de leur relation. Après avoir fait sa macabre découverte, le jeune homme décide le soir-même d'aller recueillir des informations sur l'enquête en cours en rendant visite au détective Williams chez lui. En allant prévenir sa mère qu'il sort, il descend un long escalier plongé dans l'obscurité (filmé bien entendu en contre-plongée) tel un tunnel l'engloutissant, sa silhouette se découpant dans l'embrasure éclairée de la porte... Ce couloir peut également être vu comme un utérus : la mère et la tante sont après tout les deux premiers personnages féminins que le héros voit dans le film et ce désir inconscient de rejoindre le ventre maternel sera illustré, de manière ô combien perverse, par Frank Booth hurlant: "Mommy! Baby wants to fuck!" avant d'enfouir sa tête dans l'entrejambe de Dorothy couchée au sol.  Juste après, alors que Jeffrey marche dans la rue en direction de la maison du détective, un gros plan de l'oreille apparaît par le biais d'un fondu qui enchaîne le héros à celle-ci. La caméra plonge dans l'oreille, entraînant un fondu au noir... dont on sort par l'entremise d'une porte ouverte par la mère de Sandy.

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Le cinéaste coupe ensuite directement sur un portrait de la jeune fille filmé en gros plan sur le bureau de son père tandis que Jeffrey et lui discutent. Avant même qu'elle n'apparaisse en chair et en os à l'écran quelques minutes plus tard, elle est déjà une image, tout comme la femme fatale. Sauf qu'ici, elle serait plutôt celle de la gentille fille vertueuse à son papa. La caméra s'éloigne alors de la photographie par un lent travelling arrière qui permet de cadrer les deux hommes assis.

Ces différents plans annoncent ainsi la rencontre avec Sandy et soulignent son importance pour la suite du film, mais ils annoncent surtout que le véritable mystère au cœur de celui-ci ne tient pas tant à cette fameuse oreille coupée qu’à une double figure féminine, femme fatale et ingénue, révélant en cela que Blue Velvet sera centré sur le rapport de Jeffrey à ce mystère féminin.

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Ce qui est redoublé par le plan où la caméra effectue un travelling arrière sur la photo de la jeune fille, qui nous sera présentée dans la séquence suivante comme une femme fatale de par son apparition donc, puis comme une ingénue. Non seulement le déplacement vers l’arrière implique une mise à distance, mais au même moment, le père de Sandy déclare au jeune homme (à propos de l’oreille) : « Tu dois être curieux d’en savoir plus. Mais je dois te demander de ne parler de ça à personne et de ne pas poser de questions », ce qui bien évidemment créé un double-sens par la mise en scène. Double-sens qui sera repris les fois suivantes où le héros viendra chez les Williams, non plus pour parler de l’oreille, mais pour venir chercher Sandy, avec la permission du père à chaque fois. La dernière fois où il entre seul dans la demeure, pour révéler tout ce qu’il sait sur l’affaire, le père de la jeune fille demande, sur le ton de l’avertissement, si cette dernière est mêlée d’une quelconque manière à tout ça et, bouclant pour ainsi dire la boucle, la caméra révèle la présence de celle-ci dans les escaliers en train de les écouter et effectue un travelling avant sur son visage se tordant et exprimant une vive panique.

Lire la 2ème partie.

 


   [1] Chris Rodley, David Lynch : Entretiens, Paris, Éditions Cahiers du Cinéma, 2004 (2ème édition), p. 105.

[2] Ibid.

[3] Ibid. 

[4] Ibid, p.174.

Par Cécile Desbrun - Publié dans : Cinéma
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